Plénière du 06/11/2014

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Plénière du 06/11/2014

C’est sous le soleil froid de Novembre que la Communauté Innovation Renault s’est retrouvée pour en découdre, une nouvelle fois, avec le tandem « mobilité et innovation ». Cela a notamment été l’occasion d’interroger notre rapport au monde.


Georges Amar, prospectiviste et ancien directeur R&D de la RATP, a réalisé une intervention sur le concept de géopoétique. Créée par le poète et essayiste Kenneth White, la géopoétique procède de la conviction d’avoir à remettre le « géo », la Terre », au centre de la culture. Et qu’est-ce que la culture si ce n’est la manière dont les hommes se construisent eux-mêmes ? Entre recherche du sens du monde et critique de l’immonde (ce qui n’est pas monde, terme péjoratif depuis la mondialisation), la géopoétique propose de redonner à la mobilité du langage, de la poésie, de la création (lien//intervention intégrale).

Philippe Doublet et Christophe Goupil ont ensuite présenté tour à tour une vision évolutionniste de l’automobile ainsi qu’une étude sur la biomimétique de l’énergie. Il s’agissait dans le premier temps de présenter à la Communauté une démarche innovante pour prédire les tendances futures d’évolution des machines roulantes de transport de personnes et de leurs caractéristiques. Après avoir rappelé le caractère « génial » de la roue qui permet d’augmenter par 2,5 la capacité d’exploration et de mobilité de l’homme à partir de sa propre énergie, le propos de Philippe Doublet développait une analyse historique de recensement et de classification de toutes les machines roulantes existantes ou ayant existé. La synthèse de ces données prend la forme d’un arbre phylogénétique, particulièrement bien adapté pour expliquer l’évolution des espèces vivantes à partir de gènes et similitudes morphologiques, depuis l’invention de la roue (-3000 avant JC) à nos jours. Christophe Goupil a quant à lui révélé sa réflexion sur nos pratiques de consommation d’énergie, souvent soumises à la surdétermination technologique. Il s’agirait alors, dans une démarche qui réconcilie économie, confort et rendement, de définir de nouvelles pratiques de consommation d’énergie grâce au biomimétisme.

Après un aperçu des évolutions des écosystèmes innovants par M. Simon d’HEC Montréal et un rapide retour sur la dernière séance de l’atelier des philosophes, Edwin Mootoosamy a pour sa part proposé un exposé intitulé « nouvelle génération et « vieille économie ». Il est allé interroger le rapport des jeunes à leur mobilité. Economie collaborative, mutation du travail et valeur du réseau, toutes ces problématiques sont mises en lumière au travers des prismes de la modernité, de la post-modernité, et du non-moderne.

Au terme de cette journée, Franck Cazenave, auteur de l’ouvrage STOP GOOGLE (ed. Village Mondial, 226 p.), est venu expliquer comment Google est en train de prendre la main sur le marché automobile, puisque le géant s’est déjà assuré de continuer d’investir le terrain de la mobilité connectée.

Enfin la communauté a eu l’occasion de s’adonner au BOXING : dans un premier temps, l’i-room de Renault a présenté son exposition dédiée à la génération des makers ; dans un deuxième temps, Laurie Da Silva a défendu son projet Dendropolis, qui tend à faire se rencontrer les processus artistiques et ceux de l’innovation.

Tantôt en manque de géopoétique (George Amar), tantôt participative (Edwin) ou inquiète (Franck Cazenave), la modernité n’en finit plus de passer au crible de nos experts de la mobilité. Finalement, ces interventions n’ont de cesse, quel que soit l’angle de vue adopté, d’interroger l’équilibre délicat entre le progrès et l’humain, exercice dont la résolution la plus parfaite se nomme « innovation ».