Plénière du 12/11/2015

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Plénière du 12/11/2015

EDITO :

Une plénière consacrée au véhicule autonome : scénario de Laura, mise en scène de Frédéric et Laurie, …une production Communauté d’Innovation. Le box-office a explosé ! Affluence record pour cette dernière plénière de l’année et le plaisir d’accueillir de nombreux nouveaux participants qui ont chacun endossé un des sept rôles proposés : GAFA, Start-up, artisan commerçant, industriel, politique, propriétaire d’infrastructure, citoyens.

Un tour de salle permet de présenter les objets symboles d’autonomie apportés par chacun. Les perceptions sont riches et variées : Connecté ou déconnecté ? Autonomie numérique ou autonomie onirique ? L’autonomie c’est ce qui résiste à ma compréhension, ce qui me rend autonome, c’est un couteau suisse ou un sac à dos. Quatrième âge ou handicapé : redonner de l’autonomie, la capacité à se nourrir ou à se déplacer,… est-ce le véhicule ou le véhiculé qui est autonome ?

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1.  Phylogénèse des machines roulantes et véhicules autonomes (Philippe Doublet)

La roue a été inventée il y a plus de 3000 ans. Les machines roulantes évoluent, comment retracer leur évolution depuis l’origine à ce jour et trouver les méthodes pour projeter cette évolution dans le futur.Est-il possible d’établir un code génétique des véhicules ? Peut-on dire qu’un véhicule automatique est un véhicule autonome ?
Exemple de véhicule autonome : Pompon, le cheval de trait qui sait rentrer à l’écurie même si son meneur s’endort… Cela pose 3 questions :

  • Comment fait Pompon pour se délacer de façon autonome ? (Percevoir l’environnement avec nos sens)
  • Pourquoi faire confiance à Pompon ?
  • Quels enseignements pour les technologies « autonobiles » ?

Un parallèle vient ensuite avec Jolly Jumper, un cheval autonome qui donne de l’autonomie à son cavalier. Un objet spécial, un cheval domestiqué /autonome.

S’il n’y a pas d’objet roulant dans la nature c’est parce qu’il n’y a pas de route.

Est ce qu’il faut s’intéresser à l’autonomie de l’objet ou à l’autonomie que m’apporte l’objet ? L’objet autonome serait celui qui crée ses propres règles. A-t-on envie d’objets qui définissent leurs propres règles. ?Une démarche pourrait être de réfléchir en degré « d’émancipation de l’objet ».
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2.  Imaginaire du véhicule autonome

Intervention de Nicolas Nova

Nicolas présente le travail de son entreprise (Near Future Laboratory) : un mix en entre design et prospective, le DESIGN FICTION !
Il s’agit de créer une forme de débat et de discutions autour de représentation de certains changements en prenant des objets de la vie courante, catalogue, journal, mode d’emploi, publicités…Créer des matériaux qui servent à réfléchir. Clarifier les enjeux des expériences utilisateurs, imaginer les conséquences de l’utilisation de leurs technologies.
Cela comprend également l’utilisation de formats qui peuvent montrer la pluralité des scénarios, partir des conséquences de l’utilisation pour revenir ensuite sur l’utilisation.
Une intervention qui pose la question de l’usage de l’humour et de la fantaisie pour formuler des hypothèses du futur, ou pour ouvrir le futur, c’est à dire le libérer de tout ce que l’on sait déjà (Georges Amar)

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Intervention de Stephane Hugon (Eranos)

Une intervention en deux parties :

La mission d’Eranos : travailler sur la perception du public d’une offre technologique.
Le point de départ c’est : «ce que fait le client de votre produit, c’est le produit », «  Ce que fait le collaborateur de votre projet, c’est le projet »
Le destin du mode d’emploi : les jeunes générations se méfient de ce que l’on voudrait qu’ils fassent.
Il n’y a innovation que quand il y a adoption, appropriation sociale.
L’innovation c’est l’intersection entre l’imaginaire du concepteur et celui de l’utilisateur.

Appropriation -> affordances -> Morphogénèse -> Imaginaire

Quels sont les attentes et les usages d’un véhicule sans chauffeur ?
Identifier les leviers d’acceptation du véhicule autonome et ses terrains de rupture ?
Ces questions soulèvent d’autres questions :

  • L’interface, le décideur (qui est responsable), la sécurité, l’activité.
  • Le véhicule est il incarné, prothétique ? Si oui, c’est une voiture-corps, si non c’est une voiture-lieu. Les imaginaires sont différents. Dans la société se créent en permanence des imaginaires auxquels les produits ne répondent pas, ce qui appelle la rupture.

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Intervention de Gabriel Plassat (Ademe)

Comment les technologies numériques amènent de nouvelles expériences et conquièrent de nouveaux espaces ? Il ne faut pas voir le véhicule comme une finalité mais comme le début d’un système.
Avec la Fabrique de mobilité, l’Ademe propose d’innover dans le processus de soutien à l’innovation : offrir un « bac à sable «  pour tester/itérer la mobilité servicielle avec une culture numérique.

Cette intervention soulève la question du leadership et de l’intérêt collectif pour ce type de démarche.

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3.  La distillerie : retour sur le sujet « véhicule autonome» avec Dominique Christian et Thierry Menissier

Le véhicule autonome existe déjà depuis longtemps. Re-visionner la chevauchée fantastique, un film sur l’habitacle du véhicule autonome.

Le véhicule autonome est une forme d’insecte qui nous renvoie à notre condition d’abeille. Bienvenue dans la ruche !

Sommes nous en présence d’une innovation régressive, qui nous prive de compétences, d’habiletés ?Quelles émotions fondamentales pour l’imaginaire du VA ?
Demandons nous en quoi le véhicule autonome crée une véritable autonomie humaine par le biais d’une amplification v/s augmentation.
Retrouver la sociabilité au travers de la socialité de nos moyens de transport.
Lorsque les machines seront véritablement évoluées, elles auront la complexité des émotions, la machine sera alter égo de l’humain au travers de « fascinantes » connexions.
Caractéristique de l’autonomie : pouvoir décider par soi même de ce qui est vrai, de ce qui est juste et de ce qui est bon pour soi.

Si le véhicule est doué d’intention on passe d’une logique de maitrise à une logique d’interaction, à la rencontre d’intention (à condition que l’humain conserve de l’intention).

La confrontation des intentions est aussi une confrontation des peurs. Un enjeu donc : passer de la domestication à l’apprivoisement.

Il faut déconstruire VA comme concept, voiture automobile était déjà un trompe l’oeil, pourquoi ne pas l’appeler « voiture autonomisante ».

4.  Table ronde

Les questions posées par les différents « rôles » visités par les intervenants : Voir la vidéo 

5.  La conclusion de Dominique Christian

Les dispositifs créent des dispositions ! A retrouver dans la vidéo ci-dessus (à la suite des questions posées en table ronde).

Biblio :

L’esthétique relationnelle (Nicolas Bourriaud, 1998)

Phénoménologie de la perception (Merleau-ponty)

L’être et l’écran (Stéphane Vial)

Traité du sablier (Ernst Jünger, 1954)

Une pensée de l’individuation et de la technique (Gilbert Simondon-1994).